Quelle formation pour quelle action humanitaire ?

En 1994, suite au génocide au Rwanda, des centaines de milliers de personnes affluent vers le camp de réfugiés de Goma, en République démocratique du Congo, aux frontières rwandaises. Rapidement, trois épidémies virulentes y sévissent, faisant chaque jour des morts par milliers : le choléra, le shigellose et la méningite cérébro-spinale (MCS). Devant un phénomène d’une telle ampleur, les organisations non gouvernementales (ONG) ne peuvent que constater que la gestion d’un camp de réfugiés ne s’improvise pas et nécessite une solide préparation. Touché par les événements, le docteur Charles Mérieux, qui en 1986 avait créé l’institut Bioforce pour former des logisticiens, décide de compléter son offre de formation en lançant un nouveau centre de formation visant à mieux préparer les acteurs de l’humanitaire en santé à ces situations extrêmes : le Centre européen de santé humanitaire (CESH). A l’époque, l’initiative est innovante…

Aujourd’hui, on assiste au contraire à une surenchère de formations de préparation à l’action humanitaire et à la solidarité. Si une minorité d’ONG continuent d’envoyer leurs volontaires en mission après un « briefing » de quelques heures seulement, la majorité d’entre elles ont compris l’importance de la préparation au départ et l’acquisition de connaissances techniques, mais aussi la nécessité de comprendre les enjeux liés au développement et à l’urgence et le rôle des différentes structures qui s’y côtoient. Ainsi, les grandes ONG disposent désormais d’un département de formation et toute personne appelée à intervenir dans les pays en développement doit suivre une formation préliminaire. Du côté des universités, en réponse à la demande des jeunes désireux de « faire carrière » dans l’humanitaire, les filières de formations diplômantes en solidarité internationale se multiplient. Or, au sortir de plusieurs années d’études, croyant avoir acquis les compétences requises pour intervenir dans les actions de solidarité internationale, ces jeunes se retrouvent souvent devant la même impasse : les structures de solidarité recrutent surtout des professionnels déjà expérimentés, et on leur conseille d’acquérir un métier et de revenir dans quelques années !

Mais alors quelle formation choisir ? Une formation courte sur l’humanitaire en complément au parcours initial simplement pour adapter sa technique au contexte humanitaire ? Un formation à l’humanitaire longue mais qui puisse être transposable, par exemple comme logisticien ? Une filière diplômante pour avoir une bonne culture de la solidarité ? Une préparation au choc culturel par une approche anthropologique ? Et si on commençait par réfléchir aux raisons qui poussent à partir avant de choisir cette formation, et surtout, à ce qu’on veut et peut vraiment apporter ? Pour répondre à ces questions, des formateurs, bien sûr, mais aussi des responsables de structures qui recrutent des volontaires et des salariés, à la lecture d’un cv, et évaluent leurs compétences, leur expérience et bien sûr, leur formation !