L’humanitaire peut-il être un métier ?

Mais d’abord, qu’est-ce que l’humanitaire ? En France, on y associe volontiers le « french doctor », ce médecin qui part précipitamment pour soigner les victimes d’une catastrophe. Mais qu’en est-il de la coopération décentralisée, quand des fonctionnaires de nos collectivités territoriales travaillent à des projets de santé publique avec le Sud, ou encore de l’aide humanitaire qu’on dit d’Etat, qui implique des médecins militaires, ou enfin, de tous les projets de développement et de reconstruction menés par les ONG, la Croix-rouge ou même des entreprises privées… Est-ce encore de l’humanitaire ?

Ainsi, non seulement d’aucuns entendent par humanitaire tout projet de coopération et de solidarité avec les pays en développement, mais en outre, les médecins et infirmières ne sont pas les seuls métiers à y être représentés. Logisticiens, coordonnateurs de projets, chargés de mission, ingénieurs, et bien d’autres sont indispensables à toute mission, à tout projet de solidarité.

Et enfin, l’humanitaire dans son acception large, est-il un métier comme un autre, une « carrière » intéressante et enrichissante, ou est-ce plutôt un milieu d’exercice particulier, qui doit être envisagé comme une étape dans le parcours professionnel ? Enfin, quelle place doit tenir le désir d’engagement solidaire d’un individu dans sa démarche ? Ne devrait-on pas se questionner davantage, à savoir si le départ à l’étranger n’est pas simplement une fuite en avant, un goût de l’aventure, ou plutôt une réelle démarche de solidarité issue d’une réflexion ? Telles sont les questions qui seront débattues avec un panel d’intervenants issus de métiers et de milieux les plus divers…